Egalité des chances H/F
Cela fait maintenant un peu plus d’un an que j’exerce dans le domaine du recrutement, en entreprise ou cabinet. J’aime mon métier, car il comporte plusieurs facettes : chargée de recherche, chargée de recrutement, ou consultante…Quel que soit le titre donné, l’activité de recherche et tri de CV est primordiale, et fastidieuse. J’ai dû, sans mentir, lire des milliers de CV. Il est vrai que, avec l’expérience, je les lis de plus en plus rapidement. La réalité est là : quand vous recevez 100 candidatures par jour pour un poste, et que vous avez 5 postes ou plus à gérer, on ne peut pas faire autrement.
Cependant, il existe, je pense, deux manières de travailler : la façon « routinière », où on trie les candidatures sans réflexion, avec pour seule pensée les critères objectifs de sélection. Ou alors la façon que je nommerai « consciente », en analysant ce que l’on voit.
J’ai utilisé cette dernière méthode, et j’en ai tiré un constat flagrant: à diplôme et expérience égaux, le CV d’un homme et d’une femme est différent. Un homme se valorise davantage, et souhaite en grande majorité intégrer rapidement un poste à responsabilité. Une femme, par habitude culturelle peut-être, va se qualifier spontanément comme « assistante ». Elle s’autolimite ainsi dans son choix de carrière. Je l’ai observé notamment pour des profils commerciaux, mais je ne serai pas étonnée que le même phénomène apparaisse dans d’autres domaines.
De même, et selon ma propre expérience, lors de présélection, je me rends compte que les femmes se dévalorisent assez rapidement, sur leur niveau d’anglais par exemple.
Selon Bandura, les personnes cherchent à éviter les situations et les activités qu’elles perçoivent comme menaçantes, mais elles s’engagent à exécuter les activités qu’elles se sentent aptes à accomplir. De cette façon, un diplôme a la valeur qu’on lui accorde.
Or, un recruteur met en moyenne 40 secondes pour lire un CV. C’est donc, comme pour tout support écrit, le titre qui accroche le lecteur. C’est pourquoi, quand un recruteur voit pour titre de CV « assistante… », il proposera au mieux un poste d’assistanat. Des femmes peuvent ainsi perdre d’intéressantes opportunités.
On peut donc en conclure que les hommes et les femmes ne sont pas égaux de caractère. Que la raison soit l’éducation, une trop forte modestie, ou la culture, les mentalités des femmes elles-mêmes doivent évoluer. Elles se doivent de valoriser leurs expériences professionnelles. C’est à elles de s’imposer dans le monde des affaires, et dans le monde en général. Pour parvenir à un monde où les assistantes et les directeurs changeront enfin de sexe.


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